Le prétérit espagnol raconte une action terminée qui fait avancer l’histoire. L’imparfait installe le décor, décrit une habitude ou montre une action en cours. Pensez au prétérit comme aux événements du film et à l’imparfait comme à l’image déjà présente à l’écran.
Dans cette fiche : Le prétérit fait avancer le récit · L’imparfait installe le décor · Quand les deux temps se rencontrent · Les indicateurs à utiliser avec prudence · Questions fréquentes
Le prétérit fait avancer le récit

Le pretérito indefinido, souvent appelé passé simple ou prétérit en français, présente l’action comme achevée. Son début et sa fin appartiennent au passé. Ayer llegué a Madrid, dejé la maleta y cené con Ana énumère trois événements complets.
Le prétérit répond bien à la question « qu’est-ce qui s’est passé ? ». On l’utilise pour les actions ponctuelles, les suites d’événements et les périodes closes :
- El tren salió a las ocho, le train est parti à huit heures ;
- Viví en Granada de 2019 a 2021, j’ai vécu à Grenade de 2019 à 2021 ;
- Abrió la puerta y entró, il a ouvert la porte et il est entré.
Une action peut durer longtemps et rester au prétérit si la période est terminée. Les deux années passées à Grenade ont une limite claire. La durée ne décide donc pas du temps à elle seule.
L’imparfait installe le décor
L’imparfait, pretérito imperfecto, ne montre pas la fin de l’action. Il ouvre une fenêtre sur le passé. On voit une situation, une habitude ou un processus en cours : Hacía calor, la plaza estaba llena y la gente hablaba en las terrazas.
Il sert principalement à :
- décrire : La casa era pequeña y tenía un patio ;
- exprimer une habitude : De niño, iba al mar cada verano ;
- présenter une action en cours : Leía cuando sonó el teléfono ;
- donner l’heure ou l’âge : Eran las diez y yo tenía quince años.
L’imparfait répond plutôt à « comment était la situation ? » ou « que se passait-il à ce moment-là ? ».
Quand les deux temps se rencontrent
Les deux temps travaillent souvent ensemble. Caminaba por la calle cuando empezó a llover signifie « je marchais dans la rue quand il a commencé à pleuvoir ». Caminaba pose l’action en cours. Empezó introduit l’événement qui coupe la scène.
La même logique fonctionne dans Mientras preparábamos la cena, alguien llamó a la puerta. La préparation forme le fond continu ; l’appel à la porte fait avancer le récit.
Attention à une simplification trompeuse : le prétérit n’est pas toujours « court » et l’imparfait « long ». Vivió cien años reste au prétérit, malgré la durée. Sonaba el teléfono peut décrire quelques secondes au téléphone, mais l’action est vue de l’intérieur.
Les indicateurs à utiliser avec prudence
Certains mots donnent un indice, sans décider à votre place. Ayer, de repente, una vez, en 2024 accompagnent souvent le prétérit. Antes, siempre, normalmente, todos los veranos appellent souvent l’imparfait.
Le sens garde le dernier mot. Siempre fue amable conmigo résume une relation maintenant terminée. Siempre era amable conmigo décrit son comportement habituel à l’intérieur d’une période passée.
Pour choisir, posez deux questions. Est-ce que je raconte un événement complet ? Prenez le prétérit. Est-ce que je décris la scène, l’habitude ou l’action en cours ? Prenez l’imparfait.
La rubrique grammaire espagnole rassemble les autres oppositions utiles. Si les verbes d’état vous font hésiter, relisez la logique de ser et estar. Pour progresser dans l’ordre, suivez le parcours d’apprentissage.
Questions fréquentes
Le prétérit espagnol correspond-il toujours au passé composé français ?
Souvent, mais pas toujours. Le français oral emploie largement le passé composé. L’espagnol choisit entre plusieurs temps selon la façon dont le locuteur situe l’action.
Quel temps utiliser avec cuando ?
Les deux sont possibles. L’imparfait présente ce qui était en cours ; le prétérit raconte ce qui est arrivé. La structure fréquente est donc imparfait + cuando + prétérit, sans être une formule obligatoire.